C’est quoi l’hypnose ?

L’hypnose est une condition humaine impliquant une attention concentr√©e, une conscience p√©riph√©rique r√©duite et une capacit√© accrue √† r√©pondre √† la suggestion.

Il existe des th√©ories concurrentes qui expliquent l’hypnose et les ph√©nom√®nes connexes. Les th√©ories de l’√©tat alt√©r√© voient l’hypnose comme un √©tat d’esprit alt√©r√© ou de transe, marqu√© par un niveau de conscience diff√©rent de l’√©tat de conscience ordinaire. En revanche, les th√©ories non √©tatiques voient l’hypnose comme, diversement, un type d’effet placebo, une red√©finition d’une interaction avec un th√©rapeute ou une forme de mise en sc√®ne imaginative du r√īle.

 

Au cours de l’hypnose, une personne est consid√©r√©e comme ayant une concentration accrue. Les sujets hypnotis√©s r√©agissent davantage aux suggestions. L’hypnose commence g√©n√©ralement par une induction hypnotique comprenant une s√©rie d’instructions et de suggestions pr√©liminaires. L’utilisation de l’hypnose √† des fins th√©rapeutiques est appel√©e ¬ę¬†hypnoth√©rapie¬†¬Ľ, tandis que son utilisation comme forme de divertissement pour un public est connue sous le nom d'¬†¬Ľhypnose sc√©nique¬†¬Ľ. L’hypnose sc√©nique est souvent pratiqu√©e par des mentalistes pratiquant la forme d’art du mentalisme.

 

L’hypnose pour la gestion de la douleur ¬ę¬†est susceptible de diminuer la douleur aigu√ę et chronique chez la plupart des individus¬†¬Ľ. L’utilisation de l’hypnose dans d’autres contextes, comme une forme de th√©rapie pour r√©cup√©rer et int√©grer un traumatisme pr√©coce, est controvers√©e dans le courant m√©dical ou psychologique dominant. Les recherches indiquent que l’hypnose d’un individu peut aider √† la formation de faux souvenirs, et que l’hypnose ¬ę¬†n’aide pas les gens √† se rappeler les √©v√©nements avec plus de pr√©cision¬†¬Ľ.

√Čtymologie du mot Hypnose

Le terme hypnose vient du mot grec ancien ŠĹĎŌÄőĹőŅŌā hypnos, ¬ę¬†sommeil¬†¬Ľ, et du suffixe -ŌČŌÉőĻŌā -osis, ou de ŠĹĎŌÄőĹŌĆŌČ hypnoŇć, ¬ę¬†endormir¬†¬Ľ (tige de l’aoriste hypnŇćs-) et du suffixe ‚Äďis.Les mots hypnose et hypnotisme d√©rivent tous deux du terme neuro-hypnotisme (sommeil nerveux), tous deux invent√©s par √Čtienne F√©lix d’Henin de Cuvillers en 1820. Ces mots ont √©t√© popularis√©s en anglais par le chirurgien √©cossais James Braid (√† qui ils sont parfois attribu√©s √† tort) vers 1841. Braid a bas√© sa pratique sur celle d√©velopp√©e par Franz Mesmer et ses disciples (qui s’appelait ¬ę¬†Mesm√©risme¬†¬Ľ ou ¬ę¬†magn√©tisme animal¬†¬Ľ), mais diff√©rait dans sa th√©orie quant au fonctionnement de la proc√©dure.

Caractéristiques

Une personne dans un √©tat d’hypnose a focalis√© son attention et a augment√© sa suggestibilit√©.

 

L’individu hypnotis√© semble ne tenir compte que des communications de l’hypnotiseur et r√©agit g√©n√©ralement de mani√®re automatique et non critique, tout en ignorant tous les aspects de l’environnement autres que ceux indiqu√©s par l’hypnotiseur. Dans un √©tat hypnotique, un individu a tendance √† voir, sentir, sentir et percevoir d’une autre mani√®re en accord avec les suggestions de l’hypnotiseur, m√™me si ces suggestions peuvent √™tre en contradiction apparente avec les stimuli r√©els pr√©sents dans l’environnement. Les effets de l’hypnose ne se limitent pas aux changements sensoriels ; m√™me la m√©moire et la conscience de soi du sujet peuvent √™tre alt√©r√©es par la suggestion, et les effets des suggestions peuvent √™tre √©tendus (post-hypnotiquement) √† l’activit√© d’√©veil ult√©rieure du sujet.

 

On pourrait dire que la suggestion hypnotique est explicitement destin√©e √† utiliser l’effet placebo. Par exemple, en 1994, Irving Kirsch a caract√©ris√© l’hypnose comme un ¬ę¬†placebo non trompeur¬†¬Ľ, c’est-√†-dire une m√©thode qui utilise ouvertement la suggestion et emploie des m√©thodes pour en amplifier les effets.

 

Dans Trance on Trial, un texte de 1989 destin√© √† la profession juridique, le juriste Alan W. Scheflin et le psychologue Jerrold Lee Shapiro ont observ√© que plus l’hypnotisme est ¬ę¬†profond¬†¬Ľ, plus une caract√©ristique particuli√®re a de chances d’appara√ģtre, et plus elle se manifeste. Scheflin et Shapiro ont identifi√© 20 caract√©ristiques distinctes que les sujets hypnotis√©s pourraient pr√©senter : ¬ę¬†dissociation¬†¬Ľ ; ¬ę¬†d√©tachement¬†¬Ľ ; ¬ę¬†suggestibilit√©¬†¬Ľ, ¬ę¬†activit√© id√©osensorielle¬†¬Ľ ; ¬†¬ę¬†catalepsie¬†¬Ľ ; ¬ę¬†r√©activit√© id√©omotrice¬†¬Ľ ; ¬ę¬†r√©gression de l’√Ęge¬†¬Ľ ; ¬ę¬†revivification¬†¬Ľ ; ¬ę¬†hyperamn√©sie¬†¬Ľ ; ¬ę¬†amn√©sie ¬†¬Ľ ; ¬ę¬†r√©ponses post-hypnotiques¬†¬Ľ ; ¬ę¬†analg√©sie et anesth√©sie hypnotiques¬†¬Ľ ; ¬ę¬†anesth√©sie par gants¬†¬Ľ ; ¬ę¬†somnambulisme¬†¬Ľ ; ¬ę¬†√©criture automatique¬†¬Ľ ; ¬ę¬†distorsion du temps¬†¬Ľ ; ¬ę¬†lib√©ration des inhibitions¬†¬Ľ ; ¬ę¬†changement de la capacit√© d’activit√© volontaire¬†¬Ľ ; ¬ę¬†logique de transe¬†¬Ľ ; et ¬ę¬†imagination sans effort¬†¬Ľ.

 

D√©finitions de L’hypnose

Définitions historiques

La premi√®re d√©finition de l’hypnose a √©t√© donn√©e par Braid, qui a invent√© le terme ¬ę¬†hypnotisme¬†¬Ľ comme abr√©viation de ¬ę¬†neuro-hypnotisme¬†¬Ľ, ou sommeil nerveux, qu’il a oppos√© au sommeil normal, et d√©fini comme : ¬ę¬†un √©tat particulier du syst√®me nerveux, induit par une attention fixe et abstraite de l’Ňďil mental et visuel, sur un objet, non de nature excitante¬†¬Ľ.

 

Braid a développé cette brève définition dans un ouvrage ultérieur, Hypnotic Therapeutics :

 

La v√©ritable origine et l’essence de la condition hypnotique est l’induction d’une habitude d’abstraction ou de concentration mentale, dans laquelle, comme dans la r√™verie ou l’abstraction spontan√©e, les pouvoirs de l’esprit sont tellement absorb√©s par une seule id√©e ou un seul train de pens√©e, que, pour le moins, ils rendent l’individu inconscient ou indiff√©remment conscient de toutes les autres id√©es, impressions ou trains de pens√©e. Le sommeil hypnotique est donc l’antith√®se m√™me ou la condition mentale et physique oppos√©e √† celle qui pr√©c√®de et accompagne le sommeil ordinaire

 

Par cons√©quent, Braid a d√©fini l’hypnotisme comme un √©tat de concentration mentale qui conduit souvent √† une forme de relaxation progressive, appel√©e ¬ę¬†sommeil nerveux¬†¬Ľ. Plus tard, dans son ouvrage The Physiology of Fascination (1855), Braid a reconnu que sa terminologie originale √©tait trompeuse et a fait valoir que le terme ¬ę¬†hypnotisme¬†¬Ľ ou ¬ę¬†sommeil nerveux¬†¬Ľ devrait √™tre r√©serv√© √† la minorit√© (10%) des sujets qui pr√©sentent une amn√©sie, en rempla√ßant le terme ¬ę¬†monoid√©isme¬†¬Ľ, qui signifie la concentration sur une seule id√©e, par le terme ¬ę¬†√©tat d’alerte¬†¬Ľ que connaissent les autres.

 

Une nouvelle d√©finition de l’hypnose, d√©riv√©e de la psychologie universitaire, a √©t√© fournie en 2005, lorsque la Soci√©t√© d’hypnose psychologique, division 30 de l’Association am√©ricaine de psychologie (APA), a publi√© la d√©finition formelle suivante :

 

L’hypnose implique g√©n√©ralement une introduction √† la proc√©dure au cours de laquelle le sujet est inform√© que des suggestions d’exp√©riences imaginatives lui seront pr√©sent√©es. L’induction hypnotique est une suggestion initiale √©tendue pour utiliser son imagination, et peut contenir de plus amples d√©tails sur l’introduction. Une proc√©dure hypnotique est utilis√©e pour encourager et √©valuer les r√©ponses aux suggestions. Lors de l’utilisation de l’hypnose, une personne (le sujet) est guid√©e par une autre (l’hypnotiseur) pour r√©pondre aux suggestions de changements dans l’exp√©rience subjective, d’alt√©rations de la perception, de la sensation, de l’√©motion, de la pens√©e ou du comportement. Les personnes peuvent √©galement apprendre l’auto-hypnose, qui est l’acte d’administrer des proc√©dures hypnotiques par soi-m√™me. Si le sujet r√©pond √† des suggestions hypnotiques, on en d√©duit g√©n√©ralement que l’hypnose a √©t√© induite. Nombreux sont ceux qui pensent que les r√©ponses et les exp√©riences hypnotiques sont caract√©ristiques d’un √©tat hypnotique. Si certains pensent qu’il n’est pas n√©cessaire d’utiliser le mot ¬ę¬†hypnose¬†¬Ľ dans le cadre de l’induction hypnotique, d’autres le consid√®rent comme essentiel.

 

Michael Nash fournit une liste de huit d√©finitions de l’hypnose par diff√©rents auteurs, en plus de sa propre opinion selon laquelle l’hypnose est ¬ę¬†un cas sp√©cial de r√©gression psychologique¬†¬Ľ :

 

Janet, au tournant du si√®cle, et plus r√©cemment Ernest Hilgard …, ont d√©fini l’hypnose en termes de dissociation.

Les psychologues sociaux Sarbin et Coe … ont d√©crit l’hypnose en termes de th√©orie des r√īles. L’hypnose est un r√īle que les gens jouent ; ils agissent ¬ę¬†comme si¬†¬Ľ ils √©taient hypnotis√©s.

  1. X. Barber … a d√©fini l’hypnose en termes de param√®tres comportementaux non hypnotiques, tels que la motivation √† la t√Ęche et l’acte d’√©tiqueter la situation comme √©tant de l’hypnose.

Dans ses premiers √©crits, Weitzenhoffer … a conceptualis√© l’hypnose comme un √©tat de suggestibilit√© accrue. Plus r√©cemment… il a d√©fini l’hypnose comme ¬ę¬†une forme d’influence exerc√©e par une personne sur une autre par le biais du m√©dium ou de l’agence de la suggestion¬†¬Ľ.

Les psychanalystes Gill et Brenman … ont d√©crit l’hypnose en utilisant le concept psychanalytique de ¬ę¬†r√©gression au service de l’ego¬†¬Ľ.

Edmonston … a √©valu√© l’hypnose comme √©tant simplement un √©tat de relaxation.

Spiegel et Spiegel … ont sous-entendu que l’hypnose est une capacit√© biologique.

Erickson … est consid√©r√© comme l’exposant principal de la position selon laquelle l’hypnose est un √©tat de fonctionnement sp√©cial, dirig√© vers l’int√©rieur et modifi√©.

Joe Griffin et Ivan Tyrrell (les initiateurs de l’approche des donn√©es humaines) d√©finissent l’hypnose comme ¬ę¬†tout moyen artificiel d’acc√©der √† l’√©tat REM, le m√™me √©tat du cerveau dans lequel le r√™ve se produit¬†¬Ľ et sugg√®rent que cette d√©finition, lorsqu’elle est bien comprise, r√©sout ¬ę¬†beaucoup de myst√®res et de controverses entourant l’hypnose¬†¬Ľ. Ils consid√®rent l’√©tat REM comme √©tant d’une importance vitale pour la vie elle-m√™me, pour la programmation dans notre connaissance instinctive au d√©part (apr√®s Dement et Jouvet) et ensuite pour l’enrichir tout au long de la vie. Ils expliquent cela en soulignant que, dans un sens, tout apprentissage est post-hypnotique, ce qui explique pourquoi le nombre de fa√ßons dont les gens peuvent √™tre mis dans un √©tat hypnotique est si vari√© : tout ce qui concentre l’attention d’une personne, vers l’int√©rieur ou vers l’ext√©rieur, la met en transe.

 

L’induction hypnotique

L’hypnose est normalement pr√©c√©d√©e d’une technique d'¬†¬Ľinduction hypnotique¬†¬Ľ. Traditionnellement, cette technique √©tait interpr√©t√©e comme une m√©thode permettant de mettre le sujet en ¬ę¬†transe hypnotique¬†¬Ľ ; cependant, les th√©oriciens ¬ę¬†non √©tatiques¬†¬Ľ ult√©rieurs l’ont vue diff√©remment, la consid√©rant comme un moyen d’accro√ģtre les attentes du client, de d√©finir son r√īle, de focaliser l’attention, etc. Il existe plusieurs techniques d’induction diff√©rentes. L’une des m√©thodes les plus influentes est la technique de ¬ę¬†fixation des yeux¬†¬Ľ de Braid, √©galement connue sous le nom de ¬ę¬†tressage¬†¬Ľ. Il existe de nombreuses variantes de la fixation des yeux, dont l’induction utilis√©e dans l’√©chelle de sensibilit√© √† l’hypnose de Stanford (SHSS), l’outil de recherche le plus utilis√© dans le domaine de l’hypnose. Voici la description originale de l’induction de Braid :

Prendre tout objet lumineux (par exemple un √©tui de lancette) entre le pouce et les doigts du front et du milieu de la main gauche ; le tenir √† une distance d’environ huit √† quinze pouces des yeux, √† la position au-dessus du front qui peut √™tre n√©cessaire pour produire la plus grande tension possible sur les yeux et les paupi√®res, et permettre au patient de maintenir un regard fixe et constant sur l’objet.

 

Il faut faire comprendre au patient qu’il doit maintenir un regard fixe et constant sur l’objet, et l’esprit riv√© sur l’id√©e de cet unique objet. On observera qu’en raison de l’ajustement consensuel des yeux, les pupilles seront d’abord contract√©es : Elles commenceront bient√īt √† se dilater, et, apr√®s l’avoir fait dans une large mesure, et avoir adopt√© un mouvement ondulatoire, si les doigts de la main droite, √©tendus et un peu s√©par√©s, sont port√©s de l’objet vers les yeux, il est tr√®s probable que les paupi√®res se fermeront involontairement, avec un mouvement vibratoire. Si ce n’est pas le cas, ou si le patient laisse les globes oculaires bouger, il faut lui donner envie de recommencer, en lui faisant comprendre qu’il doit laisser les paupi√®res se fermer lorsque les doigts sont √† nouveau port√©s vers les yeux, mais que les globes oculaires doivent rester fixes, dans la m√™me position, et l’esprit riv√© √† la seule id√©e de l’objet tenu au-dessus des yeux. En g√©n√©ral, on constatera que les paupi√®res se ferment par un mouvement vibratoire, ou se ferment de mani√®re spasmodique.

 

Braid a par la suite reconnu que la technique d’induction hypnotique n’√©tait pas n√©cessaire dans tous les cas, et les chercheurs qui ont suivi ont g√©n√©ralement constat√© qu’en moyenne, elle contribue moins qu’on ne l’avait pr√©vu √† l’effet des suggestions hypnotiques. Des variantes et des alternatives aux techniques d’induction hypnotique originales ont ensuite √©t√© d√©velopp√©es. Cependant, cette m√©thode est toujours consid√©r√©e comme faisant autorit√© [citation n√©cessaire] En 1941, Robert White √©crivait : ¬ę¬†On peut affirmer sans risque d’erreur que neuf techniques hypnotiques sur dix font appel √† une posture d’inclinaison, √† une relaxation musculaire et √† une fixation optique suivies d’une fermeture des yeux¬†¬Ľ.

 

La Suggestion

Lorsque James Braid a d√©crit pour la premi√®re fois l’hypnotisme, il n’a pas utilis√© le terme ¬ę¬†suggestion¬†¬Ľ mais a plut√īt fait r√©f√©rence √† l’acte de focaliser l’esprit conscient du sujet sur une seule id√©e dominante. La principale strat√©gie th√©rapeutique de Braid consistait √† stimuler ou √† r√©duire le fonctionnement physiologique dans diff√©rentes r√©gions du corps. Dans ses travaux ult√©rieurs, cependant, Braid a mis de plus en plus l’accent sur l’utilisation de diff√©rentes formes verbales et non verbales de suggestion, y compris l’utilisation de la ¬ę¬†suggestion de r√©veil¬†¬Ľ et de l’auto-hypnose. Par la suite, Hippolyte Bernheim a d√©plac√© l’accent de l’√©tat physique de l’hypnose vers le processus psychologique de la suggestion verbale :

 

Je d√©finis l’hypnose comme l’induction d’un √©tat psychique [c’est-√†-dire mental] particulier qui augmente la susceptibilit√© √† la suggestion. Souvent, il est vrai, le sommeil qui peut √™tre induit facilite la suggestion, mais ce n’est pas le pr√©alable n√©cessaire. C’est la suggestion qui r√©git l’hypnotisme.

 

La conception de Bernheim de la primaut√© de la suggestion verbale dans l’hypnose a domin√© le sujet tout au long du XXe si√®cle, ce qui a conduit certaines autorit√©s √† le d√©clarer p√®re de l’hypnose moderne.

 

L’hypnotisme contemporain utilise une vari√©t√© de formes de suggestion, y compris les suggestions verbales directes, les suggestions verbales ¬ę¬†indirectes¬†¬Ľ telles que les demandes ou insinuations, les m√©taphores et autres figures rh√©toriques du discours, et la suggestion non verbale sous forme d’imagerie mentale, de tonalit√© de la voix et de manipulation physique. Une distinction est g√©n√©ralement faite entre les suggestions √©mises de mani√®re ¬ę¬†permissive¬†¬Ľ et celles √©mises de mani√®re plus ¬ę¬†autoritaire¬†¬Ľ. Deirdre Barrett, hypnoth√©rapeute √† Harvard, √©crit que la plupart des suggestions de la recherche moderne sont con√ßues pour provoquer des r√©ponses imm√©diates, alors que les suggestions hypnoth√©rapeutiques sont g√©n√©ralement post-hypnotiques et visent √† d√©clencher des r√©ponses affectant le comportement pendant des p√©riodes allant de quelques jours √† toute une vie. Les suggestions hypnoth√©rapeutiques sont souvent r√©p√©t√©es en plusieurs s√©ances avant d’atteindre leur efficacit√© maximale.

 

Esprit conscient et inconscient

Certains hypnotiseurs consid√®rent la suggestion comme une forme de communication qui s’adresse principalement √† l’esprit conscient du sujet, tandis que d’autres la consid√®rent comme un moyen de communiquer avec l’esprit ¬ę¬†inconscient¬†¬Ľ ou ¬ę¬†subconscient¬†¬Ľ. ¬†Ces concepts ont √©t√© introduits dans l’hypnose √† la fin du XIXe si√®cle par Sigmund Freud et Pierre Janet. La th√©orie psychanalytique de Sigmund Freud d√©crit les pens√©es conscientes comme √©tant √† la surface de l’esprit et les processus inconscients comme √©tant plus profonds dans l’esprit. Braid, Bernheim et d’autres pionniers victoriens de l’hypnotisme ne faisaient pas r√©f√©rence √† l’esprit inconscient mais consid√©raient que les suggestions hypnotiques s’adressaient √† l’esprit conscient du sujet. En fait, Braid d√©finit l’hypnotisme comme une attention (consciente) concentr√©e sur une id√©e (ou une suggestion) dominante. Les diff√©rents points de vue concernant la nature de l’esprit ont conduit √† des conceptions diff√©rentes de la suggestion. Les hypnotiseurs qui pensent que les r√©ponses sont principalement transmises par un ¬ę¬†esprit inconscient¬†¬Ľ, comme Milton Erickson, utilisent des suggestions indirectes telles que des m√©taphores ou des histoires dont la signification pr√©vue peut √™tre cach√©e √† l’esprit conscient du sujet. Le concept de suggestion subliminale d√©pend de cette vision de l’esprit. En revanche, les hypnotiseurs qui pensent que les r√©ponses √† la suggestion sont principalement m√©diatis√©es par l’esprit conscient, comme Theodore Barber et Nicholas Spanos, ont eu tendance √† utiliser davantage les suggestions et instructions verbales directes.

 

Réflexe idéo-dynamique

La premi√®re th√©orie neuropsychologique de la suggestion hypnotique a √©t√© introduite tr√®s t√īt par James Braid qui a adopt√© la th√©orie de la r√©ponse r√©flexe id√©o-motrice de son ami et coll√®gue William Carpenter pour expliquer le ph√©nom√®ne de l’hypnotisme. Carpenter avait observ√©, en examinant de pr√®s l’exp√©rience quotidienne, que, dans certaines circonstances, la simple id√©e d’un mouvement musculaire pouvait suffire √† produire une contraction ou un mouvement r√©flexe, ou automatique, des muscles concern√©s, bien que dans une tr√®s faible mesure. Braid a √©tendu la th√©orie de Carpenter pour englober l’observation selon laquelle une grande vari√©t√© de r√©ponses corporelles autres que le mouvement musculaire peuvent ainsi √™tre affect√©es, par exemple, l’id√©e de sucer un citron peut automatiquement stimuler la salivation, une r√©ponse s√©cr√©toire. Braid a donc adopt√© le terme ¬ę¬†id√©o-dynamique¬†¬Ľ, qui signifie ¬ę¬†par le pouvoir d’une id√©e¬†¬Ľ, pour expliquer un large √©ventail de ph√©nom√®nes ¬ę¬†psycho-physiologiques¬†¬Ľ (corps-esprit). Braid a invent√© le terme ¬ę¬†mono-id√©odynamique¬†¬Ľ pour faire r√©f√©rence √† la th√©orie selon laquelle l’hypnotisme fonctionne en concentrant l’attention sur une seule id√©e afin d’amplifier la r√©ponse r√©flexe id√©o-dynamique. Des variantes de la th√©orie de base de la suggestion id√©o-motrice, ou id√©o-dynamique, ont continu√© √† exercer une influence consid√©rable sur les th√©ories ult√©rieures de l’hypnose, notamment celles de Clark L. Hull, Hans Eysenck et Ernest Rossi. Dans la psychologie victorienne, le mot ¬ę¬†id√©e¬†¬Ľ englobe toute repr√©sentation mentale, y compris l’imagerie mentale, les souvenirs, etc.

 

Sensibilité aux hypnotiques

Braid a fait une distinction approximative entre les diff√©rentes √©tapes de l’hypnose, qu’il a appel√©e la premi√®re et la deuxi√®me √©tape consciente de l’hypnose[ ; il a ensuite remplac√© cette distinction par une distinction entre les √©tapes ¬ę¬†sous-hypnotique¬†¬Ľ, ¬ę¬†hypnotique compl√®te¬†¬Ľ et ¬ę¬†coma hypnotique¬†¬Ľ[49]. Jean-Martin Charcot a fait une distinction similaire entre les √©tapes qu’il a nomm√©es somnambulisme, l√©thargie et catalepsie. Cependant, Ambroise-Auguste Li√©beault et Hippolyte Bernheim ont introduit des √©chelles de ¬ę¬†profondeur¬†¬Ľ hypnotique plus complexes bas√©es sur une combinaison de r√©ponses comportementales, physiologiques et subjectives, dont certaines sont dues √† une suggestion directe et d’autres non. Dans les premi√®res d√©cennies du 20e si√®cle, ces premi√®res √©chelles cliniques de ¬ę¬†profondeur¬†¬Ľ ont √©t√© remplac√©es par des √©chelles plus sophistiqu√©es de ¬ę¬†susceptibilit√© √† l’hypnose¬†¬Ľ bas√©es sur la recherche exp√©rimentale. Les plus influentes ont √©t√© les √©chelles Davis-Husband et Friedlander-Sarbin, mises au point dans les ann√©es 1930. Andr√© Weitzenhoffer et Ernest R. Hilgard ont mis au point l’√©chelle de Stanford de sensibilit√© √† l’hypnose en 1959, qui consiste en 12 √©l√©ments de test de suggestion suivant un script d’induction de fixation oculaire hypnotique standardis√©, et qui est devenue l’un des outils de recherche les plus largement r√©f√©renc√©s dans le domaine de l’hypnose. Peu apr√®s, en 1962, Ronald Shor et Emily Carota Orne ont mis au point une √©chelle de groupe similaire appel√©e ¬ę¬†Harvard Group Scale of Hypnotic Susceptibility¬†¬Ľ (HGSHS).

 

Alors que les anciennes ¬ę¬†√©chelles de profondeur¬†¬Ľ tentaient de d√©duire le niveau de ¬ę¬†transe hypnotique¬†¬Ľ √† partir de signes suppos√©s observables tels que l’amn√©sie spontan√©e, la plupart des √©chelles ult√©rieures ont mesur√© le degr√© de r√©ponse observ√© ou auto-√©valu√© √† des tests de suggestion sp√©cifiques tels que les suggestions directes de rigidit√© du bras (catalepsie). Les √©chelles de Stanford, Harvard, HIP et la plupart des autres √©chelles de susceptibilit√© convertissent les chiffres en une √©valuation de la susceptibilit√© d’une personne comme √©tant ¬ę¬†√©lev√©e¬†¬Ľ, ¬ę¬†moyenne¬†¬Ľ ou ¬ę¬†faible¬†¬Ľ. Environ 80 % de la population est moyennement sensible, 10 % est sensible et 10 % est faible. Il y a une certaine controverse quant √† savoir si cela est distribu√© sur une courbe ¬ę¬†normale¬†¬Ľ en forme de cloche ou si c’est bi-modal avec un petit ¬ę¬†blip¬†¬Ľ de personnes √† l’extr√©mit√© sup√©rieure. Les scores d’hypnotisabilit√© sont tr√®s stables tout au long de la vie d’une personne. Les recherches men√©es par Deirdre Barrett ont r√©v√©l√© qu’il existe deux types distincts de sujets tr√®s sensibles, qu’elle qualifie de fantasques et de dissociateurs. Les fantasmes obtiennent des scores √©lev√©s sur les √©chelles d’absorption, trouvent facile de bloquer les stimuli du monde r√©el sans hypnose, passent beaucoup de temps √† r√™ver, rapportent des compagnons imaginaires lorsqu’ils √©taient enfants, et ont grandi avec des parents qui encourageaient le jeu imaginaire. Les dissociateurs ont souvent des ant√©c√©dents d’abus ou d’autres traumatismes dans leur enfance, ont appris √† s’√©vader dans l’engourdissement et √† oublier les √©v√©nements d√©sagr√©ables. Leur association √† la ¬ę¬†r√™verie¬†¬Ľ s’est souvent √©vanouie au lieu de cr√©er des fantasmes dont ils se souviennent de mani√®re tr√®s vivante. Les deux ont obtenu des scores aussi √©lev√©s l’un que l’autre sur les √©chelles formelles de sensibilit√© aux hypnotiques.

 

Les personnes souffrant d’un trouble dissociatif de l’identit√© pr√©sentent la plus forte hypnotisabilit√© de tous les groupes cliniques, suivies de celles souffrant d’un trouble de stress post-traumatique.

Hypnose

Vous pourriez aussi aimer: