Histoire de la magie
Pendant des siècles, la magie a fait peur. Aujourd’hui, on l’applaudit.
La magie a fait peur, elle a émerveillé, elle a fait douter. D’un pays à l’autre, d’une époque à l’autre, elle a changé de visage. Mais elle fascine toujours. C’est mon métier, et je vous raconte ici son histoire, des contes égyptiens jusqu’à la télévision.
Avec ou sans baguette, la magie n’a pas fini de vous étonner.

Des origines égyptiennes
Le plus ancien récit de magie connu vient d’Égypte. Il se trouve dans un texte appelé le papyrus Westcar, écrit vers 1650 avant notre ère.
On y raconte l’histoire d’un magicien nommé Djedi, invité à la cour du pharaon Khéops. Devant le roi, on coupe la tête d’une oie, d’un oiseau d’eau et d’un taureau. Djedi remet chaque tête à sa place, et l’animal repart vivant.
Attention : c’est un conte, pas un fait historique. Le papyrus a été écrit plus de mille ans après le règne de Khéops, pour divertir la cour. On le cite souvent comme « le premier tour de magie de l’histoire ». Ce qu’il prouve surtout, c’est que les humains aiment les histoires de magiciens depuis très longtemps.
Les vrais tours de passe-passe se développent au Moyen Âge. Les plus célèbres sont les gobelets et les muscades (de petites balles), les tours de pièces et de dés. Bien plus tard arrivent les fameux tours de cartes.
Entre tour d’adresse et sorcellerie
À l’époque, la magie n’est pas bien vue. Les gens ne comprennent pas comment ça marche, et ils ont peur. Sorcellerie, pacte avec le diable : les magiciens sont suspects. Certains sont pourchassés, voire condamnés.
Un tournant arrive en 1584. L’Anglais Reginald Scot publie The Discoverie of Witchcraft. Il y explique que beaucoup de prétendus sortilèges ne sont que des tours d’adresse, et il en dévoile les secrets. Petit à petit, le magicien devient un illusionniste : un artiste, pas un sorcier.


Robert-Houdin, le père de la magie moderne
Au XIXe siècle, un Français change tout : Jean-Eugène Robert-Houdin, né à Blois. Horloger de formation, il remplace les grandes robes de sorcier par un costume de soirée et fabrique des automates étonnants.

Son influence est telle qu’un jeune magicien américain, Erik Weisz, choisit le nom de scène Houdini en son honneur. Ironie de l’histoire : Houdini publiera plus tard, en 1908, un livre pour attaquer son ancien modèle. Aujourd’hui, la Maison de la Magie de Blois, ouverte en 1998, rend hommage à Robert-Houdin.
Méliès : quand la magie invente le cinéma
En juillet 1888, un jeune homme de 27 ans reprend le théâtre Robert-Houdin : Georges Méliès. Il y présente des spectacles de magie. En avril 1896, il y projette des films. La même année, il filme un tour de scène : une femme qui disparaît.
Méliès comprend vite que la caméra peut faire des choses impossibles sur scène. Il invente des trucages de cinéma, et devient l’un des pionniers du septième art. La magie a littéralement donné naissance aux effets spéciaux. Le théâtre ferme en 1923 et il est démoli en 1924.
Méliès fait disparaître une dame sur la scène du théâtre Robert-Houdin (1896). Extrait proposé par la Cinémathèque française.
De la scène au music-hall
Les spectacles deviennent de plus en plus grands. Les petits numéros (cartes, lapin qui sort du chapeau, foulards) côtoient des tours spectaculaires : s’évader d’un coffre fermé à clé, couper une femme en deux, lancer des couteaux autour d’une cible vivante.
La fin du XIXe siècle et le début du XXe marquent l’âge d’or de la magie de scène. Harry Houdini (1874-1926) devient le roi de l’évasion. William Robinson triomphe sous le nom de Chung Ling Soo. Plus tard, Robert Harbin (1908-1978), né en Afrique du Sud et installé à Londres, invente des classiques du XXe siècle, dont la fameuse « Zig Zag Girl », la femme coupée en trois.
Dans le même temps, la magie de près prend son envol. Dai Vernon, Tony Slydini ou John Ramsay deviennent des références pour tous les magiciens. Leurs techniques s’apprennent encore aujourd’hui. J’en parle dans mon article sur le close-up.

Du spectacle à la télévision
Les illusionnistes deviennent des professionnels du divertissement reconnus. Puis arrive la télévision, et avec elle des shows encore plus spectaculaires. On se souvient tous des grandes émissions de David Copperfield, immense succès aux États-Unis. La télévision transforme les magiciens en stars : Paul Daniels au Royaume-Uni, Juan Tamariz en Espagne, puis David Blaine et sa magie de rue filmée caméra à l’épaule.

Ce que l’histoire m’apprend
Le secret a changé de place
Hier, on craignait
Ce qu’on ne comprenait pas passait pour de la sorcellerie.
Puis on a admiré
Robert-Houdin et ses héritiers ont fait de la magie un art, assumé comme tel.
Aujourd’hui, on s’interroge
La magie moderne ne parle plus seulement d’objets. Elle parle de notre attention et de nos perceptions.
C’est ce dernier point qui me passionne. Un bon tour ne trompe pas vos yeux. Il trompe votre cerveau, qui complète ce qu’il croit voir. C’est le cœur de mes spectacles et de mes conférences.
Petit test
Qu’avez-vous retenu ?
1. Comment s’appelle le magicien du papyrus Westcar ?
2. Qui a montré en 1584 que beaucoup de « sortilèges » étaient des tours d’adresse ?
3. Qui a repris le théâtre Robert-Houdin en 1888 ?
4. Quand Robert Harbin a-t-il vécu ?
La magie à Lyon et partout en France
Écrivez la suite de l’histoire avec vos invités
Close-up pendant un cocktail, spectacle de mentalisme ou conférence sur nos perceptions : je me déplace à Lyon, dans toute la France, à Monaco et en Suisse.
Questions fréquentes
Quel est le plus ancien tour de magie connu ?
Le plus ancien récit est celui du magicien Djedi, dans le papyrus Westcar (vers 1650 avant notre ère). C’est un conte littéraire, pas un fait historique.
Qui est le père de la magie moderne ?
Le Français Jean-Eugène Robert-Houdin, qui ouvre son théâtre au Palais-Royal en 1845 et crée la célèbre « seconde vue » en 1846.
Quel lien entre la magie et le cinéma ?
Georges Méliès, magicien, reprend le théâtre Robert-Houdin en 1888 et y projette des films dès 1896. Il invente de nombreux trucages de cinéma.
Pourquoi Houdini s’appelle-t-il Houdini ?
Erik Weisz a choisi ce nom de scène en hommage à Robert-Houdin.
Sources : Wikipédia, théâtre Robert-Houdin (en anglais), La Cinémathèque française. À lire aussi : l’histoire du mentalisme, l’illusionnisme, Buatier de Kolta, le top 10 des grands magiciens.
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